Listes transnationales européennes, une vraie bonne idée progressiste! (Marianne Ranke-Cormier)

L’émergence de partis politiques transeuropéens comme outil de démocratisation de l’Europe, comme outils politiques, répond à la nécessité pour les citoyens à apprendre à utiliser l’espace européen, à disposer de vrais moyens pour décider et contrôler leur futur, et comme rempart à tous les populismes et extrémismes rampants.

Parce qu’en politique aussi, l’avenir appartient aux idées et aux projets de taille européenne (Franck Biancheri in “Eurocitoyens contre partis nationaux, le match commence” – 1987)

Je ne citerai même pas le lien vers l’article “Listes transnationales une fausse bonne idée” publié par le Taurillon auquel je réagis aujourd’hui. Un article signé par un auteur Suisse, comme si nous n’avions plus chez nous en Europe de penseurs et d’intellectuels capables de réfléchir sur les outils qui nous seraient les plus adaptés pour gérer l’invention des siècles: la démocratie européenne.

Les Suisses, mais ils ne sont pas les seuls, donneurs de leçon à l’Europe sur comment gérer la démocratie d’un ensemble de 500 millions de citoyens. La Suisse, de 8 millions d’habitants, dont les citoyens refusent d’adhérer à l’UE, tout en profitant largement de ses mannes financières, qui subissent toutes les dérives extrémistes et citoyennes, la mort de leurs partis politiques traditionnels par abandon, dont les cantons n’arrivent pas à s’entendre sur les politiques d’immigration…

De quels partis européens parle-t-il? De cet agrégat de groupes politiques du PE? dont les députés ne sont même pas les représentants de la majorité de leur propre pays? qui n’arrivent même pas à s’entendre sur une même ligne politique sociale, libérale… et dont les règles de votations sont tout sauf démocratiques!

Voilà ce que nous offre la Suisse, l’émergence des populistes, extrémistes et souverainistes, au prochain parlement européen comme premier parti européen, parce que eux n’ont pas besoin de tracer de ligne commune pour les citoyens européens, juste à s’entendre comment détricoter l’Europe.

L’Europe progressiste, l’Europe de l’avenir, doit pouvoir s’inventer de nouveaux outils pour assurer le futur que tous les Européens veulent se choisir, et cela ne peut passer que par l’invention de nouveaux processus politiques adaptés à sa dimension, de nouvelles formes de campagnes électorales, de nouveaux représentants citoyens des générations européennes post-Erasmus.

Les Européens de l’Union européenne, s’ils veulent survivre doivent se réinventer ensemble, et sortir des carcans d’un monde à l’agonie, auquel appartiennent ces partis politiques européens. Que l’on aime ou pas, la France d’en marche en a été le premier exemple en reversant toute les idées reçues du siècle dernier* .

Osons le 21ème siècle de la démocratie. Osons les listes politiques européennes transnationales et non pas multinationales (çà vous change toutes les perspectives). Osons un vrai débat transnational entre citoyens en débordant le niveau national, en appelant nos politiciens à revêtir une véritable dimension communautaire en se lançant sur les tribunes européennes**. Osons donner un nouvel élan à la politique en Europe. Prenons la #CitizensRoute73! Occupons 2019!

Marianne Ranke-Cormier, Réseau Franck Biancheri


 * Le président français, Emmanuel Macron vient d’ailleurs d’affirmer cette tendance à la rupture: « Macron veut des listes transnationales aux élections européennes » – Source Europe1, 29/08/2017
** la #CitizensRoute73 propose à l’horizon de l’élection européenne 2019 une tribune mobile européenne, marathon européen des femmes et hommes politiques qui ont décidé de se lancer dans la création de partis politiques transeuropéens. La première étape sera à Toulouse sur le Erasmus Students Festival du 13 au 15 octobre. 10.000 étudiants sont attendus!
Note: Depuis le lancement d’IDE en 1987 jusqu’à la campagne Newropeans2009, Franck Biancheri a toujours défendu l’émergence de partis politiques transeuropéens comme outil de démocratisation de l’Europe comme outils politiques pour apprendre à utiliser l’espace européen, disposer de vrais moyens pour décider et contrôler leur futur, et comme rempart à tous les populismes et extrémismes rampants. Relevons ensemble ce défi!